Chambre 302 : les idées qui se cachent au-delà du brief

Il était une fois un concepteur-rédacteur qui reçut le mandat de pondre une campagne publicitaire pour une chaîne d’hôtels. Parce que les délais étaient très serrés, il quitta le bureau sur-le-champ et décida d’aller jogger en espérant que l’inspiration divine allait le frapper. Rien n’y fit. Trop de choses à dire. Un brief qui ressemblait à une liste d’épicerie. Comme trop souvent.

Après une bonne douche, il déboucha une bouteille de vin et déchira le brief. Il se posa une simple question : que t’inspirent les hôtels? C’est alors que l’histoire de la chambre 302 prit forme.


 

On était chez l’Oncle Sam et la tapisserie sentait les histoires avortées.

J’étais étendu avec leur petite bible de chevet entre les mains.

J’attendais pas l’Apocalypse.

J’attendais juste que tu sortes de la douche.

T’es apparue nue devant moi.

T’avais rien d’une Sainte-Nitouche.

J’ai fait mon signe de croix.

J’ai dit : « Posez votre sein droit sur ce livre.

Jurez-vous de me dire des mots cochons,

Juste des mots cochons,

Rien que des mots cochons?

– Je le jure. »

Tu t’es couchée sur moi puis t’as dit :

«  Je t’aime. »

Première fois.

Je ne m’étais jamais vu comme la terre promise.

Je t’ai vite passé les menottes, tu venais de te parjurer.

T’en as profité pour prendre ton air de fruit défendu, puis tu m’as susurré : 

« Je plaide coupable et demande l’amour à perpétuité.

– Ça c’est cochon. »


 

Quelques semaines plus tard, un site web vit le jour où chaque chambre avait son histoire. Des écrivains connus avaient décidé de participer au projet. Puis, un photographe sauta à bord. On publia un livre qui fut laissé dans toutes les chambres de la chaîne d’hôtels. Il y eut un effet viral. Pourtant, cela n’avait rien à voir avec le brief. Mais avec la complicité d’un client visionnaire, on venait de donner une âme à une marque.

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